LaRu, festival bouddhiste et chamanique

Attention certaines images peuvent heurter la sensibilité

Le festival de LaRu (prononcer Larou) est un festival estival mêlant bouddhisme et chamanisme destiné à apaiser la colère des esprits de la montagne afin d’obtenir de bonnes récoltes.

Le festival se déroule dans 5 villages du district de Tongren (Rongwo en tibétain) entre collines mystérieuses et champs de blé, dans la vallée du Rebkong, placé sous la juridiction de la préfecture autonome tibétaine de Huangnan dans le Qinghai chinois (autrefois région tibétaine de l’Amdo).

Villageoises parées de leurs plus beaux atours pour ce festival important
Des femmes en tchuba, long manteau dont il est de coutume de laisser le bras droit hors de la manche
Tresses à la tibétaine: les deux tresses sont attachées par le bas et quelques fois agrémentées de fils de couleur

La serviette éponge sur la tête, une tradition ancestrale qui laisse dubitatif

Si l’envie d’associer pluie et serviette éponge sur la tête peut paraître tentante n’en faites rien, car d’après les locaux la serviette éponge sur la tête serait un apparat masculin ancestral…

Apparition du chamane

C’est au son lancinant du tambour (instrument chamanique par excellence) que les choses sérieuses commencent.

Les hommes se mettent à danser, puis soudain les danses s’arrêtent, le tambour reprend, le chamane commence à être alcoolisé, il court après les gens pour les taper avec un grand bâton ce qui entraîne des mouvements de foule et explique que ma photo soit prise de loin, suite à quelques frayeurs.

Je n’assisterai donc pas à au moment où le chamane se transperce les joues avec une grande aiguille, ni au moment où il s’ouvre lui-même le dessus du crâne mais je ne manquerai pas l’instant crucial que tout le monde attend, celui où il monte sur son promontoire, bourré, en transe et le visage totalement ensanglanté afin d’annoncer dans la plus grande solennité les prédictions de l’année à venir concernant le village.

A ce moment là le silence total se fait, la foule écoute médusée les prédictions du chamane et même pour moi qui n’y comprend rien, l’atmosphère est tellement pénétrante que ce moment m’étreint.

Le son du tambour aide le chamane à entrer en transe
Danses rituelles
Je m’éloigne un peu de l’action suite à un mouvement de foule dû à l’excitation de voir le chamane se transpercer le visage
Le chamane debout mais chancelant, affaibli par l’alcool, la transe et les blessures qu’il s’est lui-même infligé

Alors que le chamane disparaît et que je crois le cérémonial terminé, on m’entraîne sur les hauteurs du village.

Les femmes se mettent en rang, tenant dans leurs mains des offrandes de yaourt ou d’alcool pour célébrer le retour du chamane. 

Toujours sous l’effet de la transe, il arrive sanguinolent au son du tambour, accepte les offrandes qu’il s’empresse -tradition oblige- de vider, tout en exécutant des sortes de pas de danse.

A quelques mètres de là, le monastère est lui, en mode pétards et confettis. 

La foule s’amasse une nouvelle fois pour voir le chamane tourner autour du feu rituel et bénir les couples infertiles.

Les plus petits, eux, se hissent sur des boites de pétards pleines au milieu de pétards énormes et encore fumants pour y voir quelque chose.

Le festival de LaRu montre que les traditions ancestrales ont la dent dure. 

Certains moins « traditionnels » résistent plus sobrement en se revendiquant « mangeur de tsampa » (le plat traditionnel tibétain) en opposition au colon chinois.

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